« Le silence est synonyme de complicité » : une footballeuse de haut niveau dénonce les féminicides au Cameroun

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- Author, Paul Njie
- Reporting from, Yaoundé
- Author, Jean Charles Biyo’o
- Published
- Temps de lecture: 6 min
Le Cameroun fait face à une nouvelle flambée de cas de féminicide.
En l'espace de huit jours, au moins huit femmes ont été tuées dans des violences conjugales, selon le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille.
Une série de drames qui inquiète les autorités et suscite une vive indignation.
Le gouvernement s'est inquiété de la recrudescence des agressions. Au moins 50 femmes ont été tuées entre janvier et avril de cette année, contre 77 l'an dernier, selon les chiffres officiels.
Certains de ces drames ont parfois été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux par leurs auteurs.
"Derrière chaque femme tuée, battue, violée ou humiliée, il y a une vie brisée, une famille traumatisée et parfois des enfants qui grandissent avec une blessure qui ne se refermera jamais", explique Bertin Noa, le coordinateur national de l'Association Mani SOS Veuves et Femmes Violentées.
Le dernier crime en date est celui d'une femme d'une femme de 44 ans qui a été tuée dans une chambre d'hôtel à Yaoundé, la capitale mardi dernier. Elle aurait été poignardée à mort par un homme de 22 ans, arrêté par la suite.
Nchout Njoya Ajara appelle à rompre le silence

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Nombreux sont ceux qui appellent le gouvernement à faire davantage pour protéger les femmes et les filles.
Parmi les personnalités qui se sont exprimées figure la célèbre footballeuse camerounaise Nchout Njoya Ajara, qui a dénoncé la « vague tragique » de féminicides et appelé à une mobilisation collective contre ces violences.
« Être une femme au Cameroun ne devrait jamais être un risque », a déclaré l'attaquante de 33 ans, considérée comme l'une des plus grandes footballeuses de l'histoire du pays.
Passée notamment par des clubs en Russie, en Suède, en Norvège, en Espagne, en Italie et en Arabie saoudite, dont l'Atlético Madrid et l'Inter Milan, Nchout Njoya Ajara a utilisé sa notoriété pour attirer l'attention sur le phénomène.
« Face à la vague tragique de féminicides qui a frappé notre pays ces derniers jours, le silence est synonyme de complicité », a-t-elle déclaré.
Vers un renforcement du cadre juridique
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Des cas de féminicides, dont la plupart sont liés à des violences conjugales, ont été signalés dans différentes régions du pays.
La situation n'est certes pas nouvelle, mais elle prend une tournure inquiétante. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, 50 féminicides ont été enregistrés en 2023, 67 en 2024 et 77 en 2025. Pour Me Daniel Pene Noudjom, avocate au barreau du Cameroun, il est temps de repenser le cadre juridique camerounais, qui ne reconnaît pas explicitement le terme de féminicide.
« Parmi les propositions figure une loi définissant clairement le féminicide afin d'encadrer tous ces cas. Le Barreau du Cameroun a également créé une cellule spéciale chargée d'accompagner les victimes », précise l'avocate.
Au ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, le phénomène suscite également des inquiétudes. Pour y faire face, la ministre mise notamment sur un projet de loi actuellement en cours d'élaboration, destiné à renforcer la protection des femmes.
Dans une vidéo diffusée par les médias d'État, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a condamné l'augmentation « inquiétante » du nombre de meurtres de femmes et assuré que le gouvernement travaillait à apporter des réponses.
Elle a notamment évoqué un projet de loi visant à protéger les femmes contre les violences basées sur le genre, actuellement à l'examen au niveau de la Primature.
« Depuis plusieurs années, un projet de loi sur les violences faites aux femmes et aux enfants est en cours d'élaboration. Nous espérons qu'il pourra être soumis au Parlement lors de la session de novembre, car le travail effectué au niveau des services du Premier ministre est suffisamment avancé », a déclaré Marie-Thérèse Abena Ondoa.
L'opposition et la société civile dénoncent la "lenteur" du gouvernement
Mais la société civile et les groupes de défense des droits des femmes ont dénoncé ce qu'ils perçoivent comme une lenteur du gouvernement à transformer le projet de loi en loi.
Une session parlementaire, la dernière de l'année, doit se tenir en novembre. Cependant, Viviane Tathi, dont l'organisation recense les cas de féminicides dans le pays, a déclaré à la BBC qu'elle n'était pas certaine que le projet de loi serait adopté lors de cette session.
« Nous sommes inquiets car la session parlementaire de novembre est axée sur les débats budgétaires… Nous ne savons donc pas par quel miracle ce projet de loi sera adopté », a-t-elle déclaré.
Elle a plaidé pour la création d'un tribunal spécial chargé de traiter les conflits familiaux qui conduisent à des violences domestiques.
Dans le paysage politique, la colère monte également. le parti d'opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto dénonce, dans un communiqué, "une passivité coupable" des autorités face à la multiplication des violences.
Le parti s'est dit indigné par la « tragique récurrence des féminicides domestiques » et a accusé le gouvernement de rester passif sur cette question.
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Nous avons utilisé l'IA pour aider à traduire cet article, rédigé à l'origine en anglais. Un journaliste de la BBC a vérifié la traduction avant sa publication. En savoir plus sur la manière dont nous utilisons l'IA.






















