Alima Jaw Jobe : "J'aime bien Uta Abe, mais je veux faire plus qu'elle"

- Author, Mamadou Faye, avec Late Lawson
- Role, BBC News Afrique
- Published
- Temps de lecture: 6 min
Elle n'a que 16 ans, mais son palmarès est déjà impressionnant, avec au moins 27 médailles remportées au cours de sa jeune carrière.
Elle s'appelle Alima Jaw Jobe. La jeune judokate représente la Gambie aux Jeux olympiques de la jeunesse de 2026 dans la catégorie des moins de 52 kg.
"Je vais vous montrer les 27 médailles que j'ai gagnées entre 2023 et 2026. Et je veux en remporter beaucoup d'autres. À chaque fois que je gagne, c'est la même motivation. J'aime gagner des médailles. Je ne veux pas non plus laisser les autres les gagner à ma place", a-t-elle confié à BBC Afrique.
"Je n'ai même pas les mots, parce que gagner une médaille d'or, franchement, c'est un grand plaisir de préparer une compétition et de venir gagner la médaille. Tout le monde sait ce que je vais ressentir", poursuit-elle.
La jeune judokate exprime sa fierté de représenter son pays à cette compétition internationale.
La fierté et le poids de représenter son pays
"Être sélectionnée pour participer aux Jeux olympiques de la jeunesse est un grand plaisir pour moi parce que c'est une chance. Ce n'est pas donné à tout le monde d'y participer. C'est vraiment un plaisir", argumente-t-elle.
"J'étais à l'entraînement lorsque mon père m'a appelée pour m'annoncer que j'étais sélectionnée. J'étais très heureuse parce que je savais que mes résultats me permettraient de participer aux Jeux olympiques de la jeunesse", raconte Alima Jaw Jobe.
Motivée par ce nouveau défi, elle a décidé d'intensifier sa préparation dès l'annonce de sa sélection.
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"Je me suis dit qu'il fallait augmenter les entraînements pour obtenir de bons résultats, parce que ce n'est pas facile d'être choisie pour participer aux Jeux olympiques de la jeunesse", explique-t-elle.
Représenter son pays dans une compétition majeure est toutefois loin d'être une simple formalité. Au-delà de la fierté et de la joie que cela procure, la pression est omniprésente.
"C'est vraiment un honneur de représenter mon pays, surtout que je suis la première personne de Gambie à être sélectionnée pour les Jeux olympiques de la jeunesse. Mais ce n'est pas facile, parce que tout le monde compte sur vous. Il y a une énorme pression. C'est très stressant de représenter son pays quand tant de personnes placent leurs espoirs en vous. Franchement, c'est difficile à décrire", confie-t-elle.
Pour atteindre ses objectifs dans le sport de haut niveau, Alima Jaw Jobe sait qu'une préparation rigoureuse est indispensable. Une leçon qu'elle a bien retenue, encouragée en permanence par son père Omar Jobe, qui est aussi son entraîneur.
Le défi de la préparation

"Les préparatifs pour les Jeux sont beaucoup plus difficiles que pour les autres compétitions, parce que les Jeux olympiques de la jeunesse sont un événement de très haut niveau", explique la jeune judokate.
Selon elle, "il faut donc augmenter les entraînements" pour être prête. "C'est très difficile, plus difficile que les autres préparations", affirme-t-elle.
Elle décrit à BBC Afrique une journée type de préparation.
"Quand je me réveille, je mange puis je me prépare pour aller à l'entraînement. Après deux heures de travail, je rentre à la maison pour me reposer jusqu'au soir. À 18 heures, je retourne à l'entraînement. Ensuite, je rentre et je vais me coucher pour récupérer", raconte-t-elle.
"Pendant les entraînements, nous faisons du shikomi (préparation minutieuse du mouvement), du nage-komi (projection complète) et des combats pour nous préparer. Les combats sont très intenses. Mais ce n'est pas toujours du combat. Il faut parfois soulager le corps et se concentrer uniquement sur le shikomi et le nage-komi", explique-t-elle.
La jeune judokate a la chance de s'entraîner sous la supervision de son père, qui l'aide, dit-elle, à gérer le stress.
"Je m'appuie sur mon père. Il m'aide à me détendre et me dit de ne pas trop stresser parce que cela reste une compétition. Il me conseille de ne pas me laisser submerger par le stress au point de perdre mes moyens, mais de rester sereine et de considérer cela comme n'importe quelle autre compétition", affirme Alima.
"Mon père est mon entraîneur pendant les séances. À la maison, c'est mon père. Il m'encourage et joue un rôle très important. Ce n'est pas difficile de s'entraîner avec lui, parce qu'il me connaît. Il sait quand je suis fatiguée, quand je peux donner davantage, et il m'encourage toujours à me dépasser", témoigne-t-elle.
L'ambition de dépasser Uta Abe

Malgré la pression qui repose sur ses épaules, Alima Jaw Jobe sait précisément où elle veut aller. Pour y parvenir, elle s'inspire d'une seule athlète : la Japonaise Uta Abe.
Selon elle, Uta Abe, qui évolue dans la catégorie des moins de 52 kg et qui est championne du monde en 2026, est sa principale source d'inspiration.
"Elle m'inspire parce qu'elle est forte. J'aime tout chez elle parce que c'est une femme très forte. J'aime beaucoup Uta Abe, mais je veux faire encore mieux qu'elle. Son talent, sa technique, ses mouvements, tout chez elle m'inspire", reconnaît-elle.
Pour relever ce défi, atteindre ses objectifs et espérer monter sur le podium lors de ces Jeux, il faut beaucoup de travail et une grande discipline.
Mais Alima Jaw Jobe se projette déjà au-delà de la compétition. Elle voit plus loin et rêve déjà des prochains championnats d'Afrique et du monde.
"Après les Jeux, je pense que j'aurai la possibilité de participer aux Jeux olympiques seniors, aux championnats du monde et aux championnats d'Afrique", confie-t-elle.
Pour terminer, elle a tenu à adresser un message à la jeunesse gambienne en particulier, et à la jeunesse africaine en général.
"Mon message aux jeunes Gambiens qui veulent pratiquer un sport de haut niveau est de toujours s'entraîner, sans jamais abandonner. Ce n'est pas facile au début, mais avec le temps, le travail et les résultats, vous trouverez la motivation pour avancer et viser toujours plus haut."


























