Attaques au Mali : l'Union africaine exprime sa solidarité aux autorités et au peuple malien

    • Author, Mamadou Faye
    • Role, BBC News Afrique
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  • Temps de lecture: 5 min

Au lendemain des attaques simultanées perpétrées en terre malienne et revendiquées par les séparatistes Touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA), l'Union africaine a condamné et exprimé sa solidarité envers le peuple malien.

Dans un communiqué publié dimanche, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné "avec la plus grande fermeté les attaques terroristes coordonnées menées le 4 juillet contre plusieurs localités du nord, du centre et du sud du Mali".

Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et exprimé la solidarité de l'Union africaine envers le peuple et les autorités maliennes.

Estimant que ces attaques illustrent la menace persistante du terrorisme au Mali et dans l'ensemble du Sahel, Mahmoud Ali Youssouf a appelé à un renforcement des efforts collectifs en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité, dans le respect du droit international humanitaire et de la protection des civils.

Le président de la Commission a enfin réaffirmé l'engagement de l'Union africaine à soutenir les autorités maliennes ainsi que les initiatives régionales et continentales de lutte contre le terrorisme et de promotion d'une paix durable au Mali et dans le Sahel.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Les Forces armées maliennes (FAMa) affirment avoir repoussé, samedi matin, des attaques coordonnées menées contre plusieurs de leurs positions dans différentes régions du pays.

Selon un communiqué de l'État-Major général des Armées, les assauts ont visé les garnisons d'Aguel-Hoc, Anéfis, Gao, Sévaré et Kéniéroba.

Dans un premier "Flash Info" publié dans la matinée par la Direction de l'information et des relations publiques des armées (DIRPA), les Forces armées maliennes (FAMa) ont indiqué que des tentatives d'attaques étaient en cours contre leurs positions militaires précitées, précisant que "la situation est suivie".

Quelques heures plus tard, l'État-Major a annoncé que "la situation est totalement sous contrôle" sur l'ensemble des sites visés.

Un bilan provisoire communiqué par l'armée

Selon les autorités militaires, les opérations terrestres et aériennes menées par les FAMa et leurs partenaires ont permis de neutraliser plusieurs assaillants.

À Sévaré, l'armée affirme avoir neutralisé 20 terroristes qui circulaient à bord de véhicules équipés.

À Gao, le bilan provisoire fait état d'un militaire tué, de quatre soldats blessés, pris en charge selon le communiqué, ainsi que de six terroristes neutralisés et d'un véhicule détruit.

L'État-Major n'a fait état, à ce stade, d'aucune perte militaire dans les autres localités ciblées.

Des opérations toujours en cours

Les FAMa indiquent que toutes les attaques ont été repoussées et précisent que des opérations de ratissage terrestre et aérien se poursuivent afin de retrouver les assaillants.

Des séparatistes touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont revendiqué des attaques dans trois localités où étaient présents des soldats maliens et des paramilitaires russes de l'Africa Corps.

"Les opérations militaires visant à reprendre le contrôle d'Anéfis, d'Aguelhok et de Gao ont débuté aujourd'hui", a annoncé le FLA sur la plateforme X.

Ces attaques surviennent à peine deux mois après des affrontements coordonnés entre des djihadistes du JNIM et des rebelles du FLA dans plusieurs régions du pays, qui ont permis à l'armée malienne de s'emparer de vastes territoires.

Il faut rappeler que la situation sécuritaire reste toujours tendue au Mali après les récentes attaques coordonnées menées les samedi 25 et dimanche 26 avril derniers par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) et les rebelles touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA), à Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal.

Le Mali sous pression ?

Si bien que le bilan humain n'a pas été officiellement établi, le général Oumar Diarra, chef d'état-major des armées avait annoncé le 26 avril la neutralisation de plus de 200 assaillants. Le général Sadio Camara, alors ministre de la Défense, une figure centrale de la junte militaire au pouvoir depuis 2020, a été tué samedi 25 avril lors d'une attaque menée par le JNIM contre sa résidence de Kati.

Selon des sources citées par l'AFP, au moins 30 personnes ont été tuées lorsque des djihadistes ont attaqué les villages de Korikori et de Gomossogou, dans la région de Mopti. Alors que d'autres sources diplomatiques et humanitaires avaient déclaré séparément à l'agence de presse Reuters que le bilan des attaques simultanées s'élevait à au moins 50 morts.

Bamako, la capitale du Mali, connait depuis septembre 2025 un embargo sur le carburant et les denrées de première nécessité (marchandises et vivres) imposé par le JNIM qui avait bloqué certains axes routiers importants qui mènent vers la capitale.

Dans une publication en date du 28 juin dernier, Human Rights Watch (HRW) a accusé "l'armée et ses alliés, ainsi que les groupes armés islamistes, (de commettre) des violations en toute impunité".

Selon le HRW, "les groupes armés islamistes ainsi que les forces armées maliennes et leurs alliés ont commis de graves abus contre des civils depuis l'intensification des combats au Mali en avril 2026".

"Alors que les combats s'embrasent à nouveau, les parties belligérantes au Mali commettent une fois de plus de graves abus contre les civils, répétant les anciens schémas de violence à l'encontre des civils", avait déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch.

"Toutes les parties sont tenues de respecter le droit international humanitaire, de prendre toutes les mesures possibles pour éviter des dommages aux civils et de faciliter l'accès à l'aide humanitaire", avait-elle suggéré.